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Mgr Jean AMESLAND


Mgr Jean AMESLAND (1928-2007).

Mgr Jean Amesland

DERNIERS ADIEUX

Dernier adieu (P. Bernard Hayet)

Homélie (P. Alfred Brettes)

Biographie

Entretien (recueilli par Michel Veuthey)

Hommage (par Bernard Podevin)

 

 

Dans un instant, nous allons dire un dernier adieu au Père Jean Amesland.
Quelques mots auparavant, j'en dirai quatre :

• Le premier mot,
pour excuser deux absences  : celle de notre évêque, Monseigneur Breton , et celle de notre ancien évêque, Monseigneur Sarrabère ; le premier, pour raison médicale et, le second, parce qu'il n'a vraiment pas pu venir nous rejoindre. Tous les deux m'ont demandé de dire leur grande proximité de prière en ce moment...


• Le deuxième mot,
bref mais intense, pour dire merci à Monseigneur Pierre Molères, d'avoir annulé l'engagement qu'il avait pris en ce jour de Saint Benoît, pour être avec nous et pour transformer notre peine et notre espérance en eucharistie. Merci, Père. Vous savez que, ici, beaucoup partagent très fort, dans la prière, les joies et les épreuves de votre ministère épiscopal.


• Le troisième mot,
pour demander pardon. Beaucoup, à des titres divers, auraient pu prétendre dire aujourd'hui publiquement merci au Père Amesland pour ce qu'il a fait avec et pour leur association, leur chorale, leur mouvement. Deux seulement le feront dans un instant :


• Le dernier mot,
c'est le compagnonnage avec le Père Amesland qui me le suggère. Car pour avoir beaucoup travaillé avec lui, je sais quelles difficultés il a courageusement affrontées et quelle persévérance il lui a fallu pour ouvrir notre diocèse à la participation « pleine, consciente, active » de tous, que nous a demandé le concile Vatican II en matière de prière et de liturgie. Sans rien renier des trésors du passé qu'il connaissait à fond, il se risquait donc aussi à créer. Par fidélité ; et pour servir l'avenir. Grâce à Jean d'abord (d'abord... mais pas seulement), notre Église diocésaine sait et aime se rassembler pour célébrer son Dieu sur de la beauté, dans la forme ordinaire de sa liturgie. Nous continuerons la tâche. Christ est devant. Et l'avenir de notre Église aussi.

P. Bernard Hayet,
vicaire général.


 

Obsèques du P. Jean AMESLAND
Cathédrale de Dax
11 juillet 2007

 

Dans ce qu'on appelle les Évangiles de l'enfance, propres à saint Matthieu et à saint Luc, celui-ci, Luc, est le seul à nous donner un long récit de l'Annonciation, de la Visitation, de la naissance de Jean Baptiste, de la naissance de Jésus et de sa présentation au temple, quarante jours après.

Saint Luc est également le seul à rapporter, dans son chapitre 2, trois chants d'action de grâce et de louange envers Dieu.

« Maintenant, ô Maître Souverain, laisse aller ton serviteur en paix, selon ta parole.
Car mes yeux ont vu ton salut que tu as préparé à la face de tous les peuples ».

C'est le passage de l'Évangile que nous venons d'entendre. En la personne de Jésus enfant, le Salut d'abord annoncé, puis donné, est enfin définitivement réalisé. « Mes yeux ont vu ton salut ». Syméon peut mourir en paix et, selon la belle expression de la Bible, « être réuni à ses pères ». Nous récitons ce chant d'action de grâce dans l'office des complies, quand la journée est achevée et qu'on s'apprête à se coucher pour s'endormir sous le regard de Dieu.

Je suppose que le Père Amesland avait dû être fasciné par ce cantique du vieillard Syméon. Il l'avait médité et ruminé. Il s'était relevé d'une première atteinte de son mal et avait connu une assez longue rémission de plusieurs années. Avant de rechuter en décembre, l'an dernier, il avait eu le temps de mettre en musique le Cantique de Syméon ; composé à l'abbaye de Tournay en 2005, il a été chanté expérimentalement, au cours d'une session d'été, en 2006, l'une de ces célèbres sessions de musique qu'il avait crées dans les années 1970 et qu'il donnait à Bayonne et en Midi-Pyrénées. Nous écouterons le Cantique de Syméon, sans doute avec beaucoup d'émotion. Il avait manifesté le désir qu'il soit chanté pour ses obsèques. L'ensemble des choristes qui l'accompagnent aujourd'hui et qui lui offrent des obsèques triomphales, le lui offriront comme dernier adieu.

« Laisse, Seigneur, ton serviteur s'en aller en paix ; car mes yeux ont vu ton salut...
« Lumière pour éclairer les nations et gloire d'Israël ton peuple ».

Le Père Amesland repose en paix maintenant puisqu'il repose en Dieu. Mais il a connu une longue et douloureuse agonie. Agonie, c'est un mot grec, qui signifie combat. Le combat contre la mort ne lui a pas été épargné même si, pendant de longs mois, il a manifesté une énergie et une volonté incroyables. Nous tous, un jour, nous connaîtrons ce même combat contre la mort, mais nous ne pourrons pas dire à notre entourage ce que nous ressentons et comment nous le vivons. Ce sera l'heure de la suprême impuissance.

Depuis la fête du Sacré Cœur, le 15 juin, puis pour la fête de saint Jean Baptiste, le 24, j'avais pris l'habitude de lui chanter l'une ou l'autre antienne ou un verset de l'hymne de ces fêtes. Je les lui chantais dans le texte latin et en grégorien. Il souriait, ne pouvant plus communiquer. Au cours des dernières heures, je lui disais : je ne connais pas la musique du Cantique de Syméon que tu as composée. Je vais le chanter, comme autrefois, à l'office de complies, quand nous étions au Séminaire. « Nunc dimittis servum tuum, Domine ». Je pense qu'il entendait. Comprenait-il et pouvait-il s'y unir ? Quel mystère qui me laisse sans réponse !

Le Seigneur m'a fait la grâce de recueillir son dernier soupir et de lui fermer les yeux, samedi à 10h07. Je récitais à son oreille la prière de Jésus sur la croix :

« En tes mains, Seigneur, je remets mon esprit
In manus tuas, Domine, commendo spiritum meum ».

Le Père Amesland vient de vivre sa pâque, son passage à Dieu. L'Eucharistie que nous célébrons nous fait entrer, par la foi, dans le mystère pascal de Jésus dont nous faisons anamnèse, c'est-à-dire le mémorial. L'acclamation, tout à l'heure après la consécration, est une autre composition du Père Amesland.

Toute sa vie durant, il n'a cessé d'inculquer à des centaines, peut-être même à des milliers de personnes, la beauté de la liturgie par la beauté du chant. Pour la gloire de Dieu. Il a mis en pratique ce que saint Augustin, commentant le psaume 150, dit d'une assemblée qui chante :

« Chantez au Seigneur un chant nouveau. Tu chantes ? Oui, tu chantes ; mais il ne faut pas que ta vie porte témoignage contre tes paroles. [...] Tu cherches quelles louanges lui chanter ? [...] Sa louange est dans l'assemblée des fidèles. La louange de celui que l'on veut chanter, c'est le chanteur lui-même. Vous voulez dire les louanges de Dieu ? Soyez ce que vous dites. Vous êtes sa louange si vous vivez selon le bien ».

Choristes de la Schola Notre Dame, de la chorale diocésaine, choristes de partout, en vous apprenant à bien chanter la louange de Dieu, le Père Amesland vous apprenait à vivre selon le bien. C'est aussi une autre façon d'annoncer l'Évangile. Tout à l'heure, vous allez saluer son départ en lui offrant, pour la gloire de Dieu, le chœur final du Messie de Hændel.

Pour la gloire de Dieu. Il nous précède dans la vision de gloire. Dans le monde de Dieu où on n'a plus besoin de chef de chœur, il est maintenant un choriste, mêlant sa voix aux chœurs célestes pour chanter l'alléluia éternel et le Cantique de l'Agneau.

Amen.

P. Alfred Brettes


 

BIOGRAPHIE

 



 

SARLAT - Dordogne

Congrès Diocésain des Chorales Liturgiques
et hommage à Mgr Jean Amesland, co-fondateur de l'Ancoli

Sarlat 2008
Congrès Diocésain des Chorales Liturgiques à Sarlat (Dordogne)

 

Dès 9h, ce dimanche 12 octobre, la cathédrale de Sarlat a été envahie par les choristes participants à ce dixième rassemblement, environ 150 venus de tout le diocèse de Périgueux et Sarlat. Chacun a pris sa place dans les bancs, selon les pancartes indiquant le pupitre : soprane, alto, ténor ou basse. Au Grand-orgue, Laurent Subias, un landais, élève du Père Jean Amesland et professeur au C.N.R. de Bordeaux, à l'orgue de chœur, Bernard Podevin, entouré de membres de l'ensemble de cuivre « In Caelis » (trompettes, trombone) et d'une flutiste, sans oublier le dynamique chef de chœurs, Pascal Laborde.

Cette journée débuta par la répétition des chants de la messe : un programme choisi parmi des œuvres écrites soit par le Père Amesland lui-même, soit par le Père Gélineau, soit encore quelques uns des compositeurs contemporains appréciés des choristes d'ANCOLI et eux aussi disparus, comme : Lucien Deiss, Charles Villeneuve, Jacques Berthier, etc. ou plus traditionnels comme Jean-Sébastien Bach et Georges-Frédéric Haendel.

Pendant la répétition on accueillait deux invités de marque : le Père Claude Raffin, premier président d'ANCOLI, venu spécialement de sa Vendée, et Madame Boris, la sœur du Père Amesland, qui accompagnait une délégation de choristes venus des Landes (où le Père Amesland résidait).

Le Père Raffin a lu à tous les choristes une lettre que, Paul Craipeau, l'actuel président d'ANCOLI adressait à tous. Puis il a présidé l'office, entouré des Pères Zanette, curé de la Cathédrale, André Béhague, ancien responsable de la Commission Diocésaine pour la Liturgie et de Philippe Demoures son successeur, qui donna l'homélie.

Après le déjeuner, les choristes se retrouvèrent pour le traditionnel « Festival », exceptionnellement pour ce dixième congrès, animé par P. Laborde (le premier ayant eu lieu en 1998), les chorales participantes ne furent pas invitées à se produire tour à tour comme les années précédentes. C'est tous ensemble, tantôt assis, tantôt debout que l'ensemble des présents répéta puis chanta les œuvres programmées, accompagnés par l'un des deux orgues de la Cathédrale. Aux orgues historiques de la cathédrale Laurent Subias interpréta deux œuvres, dont un tiento espagnol, sorte de pause musicale qui permit d'apprécier son talent et la qualité des timbres de l'instrument. Lors du précédent congrès à Sarlat, en 2004, les orgues étaient démontées, en cours de restauration, et le buffet ne montrait que de grands vides.

Le Père Raffin, le Père Behague et Pascal Laborde intervinrent au cours de l'après-midi, pour partager leurs souvenirs du Père Amesland : le premier évoqua le lundi de Pentecôte 1985 où ils créèrent l'Association nationale des chorales liturgiques que l'on désigne sous le signe ANCOLI, puis le premier rassemblement à Lourdes pour Pâques 1986 ; le second rappela aussi le congrès qui remplit le Palais omnisports de Bercy, et quelques conseils laissés par le Père Amesland : « Prenez la tenue de service », « Il ne faut pas laisser les pierres vides... », « l'Eglise qui chante, c'est toute l'Eglise, chorale, fidèles, instruments... » . C'est ce qui fut fait au long de l'après-midi. Avant le dernier chant, les Pères Zanette et Behague voulurent au nom des choristes du diocèse remercier chaleureusement Pascal Laborde qui fut pendant 10 années l'infatigable et compétent animateur non seulement de ces rassemblements, mais aussi des propositions en vue de la formation des organistes, de la chorale diocésaine. La longue salve d'applaudissements qui suivit montra, s'il en était encore besoin, combien sont appréciés son talent et sa disponibilité, au service de la musique d'Eglise. Avant de se séparer, retentit, sous sa direction, dans la cathédrale, porté par les instruments et les voix, l'Alléluia du « Messie » de Haendel.

Bernard Podevin

 

 

Dernier adieux (P. Bernard Hayet)

Homélie (P. Alfred Brettes)

Biographie

Entretien (recueilli par Michel Veuthey)

Hommage (par Bernard Podevin)

 


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